Réunion du 21 avril 2018

Nous nous sommes retrouvés le samedi 6 avril en petit nombre, seulement 6 personnes. Nous avons donné quelques nouvelles des relations avec le Diocèse de Nancy et de Toul: il y a des développements très encourageants. Nous avons parlé de la possibilité de créer une petite bibliothèque de prêt et nous avons regardé quelques titres de livres qui pourraient en faire partie. La discussion reprendra à la prochaine réunion: nous espérons y être plus nombreux.

Après le repas, nous avons discuté du sujet du jour: M’accepter, me dévoiler, me construire? Nous avons comparé nos sentiments et nos situations. L’acceptation de soi semble général, alors que le fait de se dévoiler est moins courant et dépend des circonstances. Enfin, pour se construire, tous ont parlé de l’importance de vivre en couple.

Réunion du 17 février 2018

Nous nous sommes retrouvés au nombre de neuf. Nous avons discuté autour de la question Qu’est-ce que Jésus pour moi: maître, Seigneur? Autre chose? Pour nous aider dans nos réflexions, nous avons lu le passage de l’Evangile de Jean (Jn 13, 1-17) qui raconte le lavement par Jésus des pieds de ses disciples. Les points de vue des différentes personnes sont très variés. Mais tout se passe dans la bonne humeur.

Réunion du 13 janvier 2018

Nous nous sommes retrouvés à Bruyères dans les Vosges, chez Michel pour l’apéro, ensuite dans les locaux paroissiaux pour le repas et la réunion. Nous avons fait l’Assemblée Générale annuelle avec l’élection des responsables: sans autres candidats, nous continuons avec les mêmes. Nous aurions dû recevoir la visite d’une femme trans, qui a dû finalement désister. Ce sera pour une autre fois. Cela a amenée une discussion sur les personnes trans, les différences par rapport aux travestis et aux intersexe. Nous avons comparé nos expériences. Beaucoup ont exprimé le besoin d’en savoir plus, d’écouter des témoignages. Il faut dépasser les préjugés pour aller vers plus d’écoute et un meilleur accueil. Pour cette réunion, nous avons eu le plaisir d’avoir la présence du prêtre de la paroisse.

Réunion du 16 décembre 2017

Nous étions 12, un peu plus donc que d’habitude, pour fêter avec quelques jours d’avance la Naissance du Seigneur. La réunion s’est passée dans la bonne humeur. Nous avons discuté de la question Qu’est-ce que Noël pour moi? en commençant par un court vidéo qui rappellait que le partage est un élément essentiel des célébrations de Noël.  Ensuite chacun a donné sa vision de la fête de Noël: Dieu qui se rend vulnérable comme un petit enfant, importance de la famille, importance de l’ouverture à l’autre et à l’Autre, … La prochaine réunion aura lieu chez nos membres vosgiens.

Fêtons les anges gardiens

Homélie de Luís Correa Lima (Brésil)

Aujourd’hui, le 2 octobre, c’est la fête des anges gardiens. Célébrer les anges gardiens, c’est célébrer la providence divine. Dieu est du côté des petits et de ceux qui souffrent: comme le mendiant Lazare, qui a vécu couvert d’ulcères, et après sa mort les anges l’emportent dans le sein d’Abraham. Dieu est également du côté des personnes LGBT qui souffrent de la discrimination, de la haine et de la persécution.

Je connais l’histoire d’un étudiant universitaire au Brésil, élevé dans une famille catholique. Sa mère distribuait la communion. L’endroit où il aimait passer du temps c’était l’église. Mais à cause de son homosexualité, le prêtre de sa paroisse fait une homélie homophobe à la messe. Il dit que les homosexuels ont un démon, que plus longtemps ces gens vivent, plus ils commettent de péchés et qu’il vaut mieux qu’ils ne vivent pas trop longtemps. Après avoir entendu le prêtre parler ainsi, et voyant les autres fidèles hocher la tête en approbation, ce jeune homme prend une décision: ‘Ce démon-ci ne vivra plus longtemps.’ Il décide que le 17 septembre 2011, il montera sur le toit d’un haut immeuble du centre ville et que là il sautera. Il écrit une lettre à sa famille et la met dans son sac-à-dos. À l’aube du jour fatidique, il prend le bus pour aller vers le centre ville. Mais il rencontre un ami dans le bus qui lui dit: ‘Si on allait au colloque à l’Université Catholique!’ C’était un colloque sur les droits civiques des personnes gays.

Il ne voulait pas y aller, mais son ami insiste. Il accepte parce que l’université est sur son chemin. De là il ira vers le centre ville pour faire ce qu’il avait prévu. En arrivant à l’université, il voit dans le programme qu’un prêtre allait parler dans l’après-midi et il décide de rester pour entendre le discours du prêtre. Le prêtre parle de l’amour que Dieu nous porte, il dément l’homophobie religieuse et dénonce les textes assassins de la Bible que l’on utilise contre les personnes LGBT.

Après le cours, le jeune homme va voir le prêtre et lui dit: ‘Vous ne pouvez pas imaginer le bien que vous m’avez fait. J’étais sur le point de me suicider.’ À partir de ce moment-là, le prêtre est devenu un de ses amis proches. Quelques jours plus tard, le jeune homme lui écrit pour raconter toute l’histoire et il termine par cet appel: ‘Père, vos paroles sauvent des vies. Pour l’amour de Dieu, ne vous arrêtez pas!’

Ce jeune homme habite à Recife, au nord-est du Brésil. Ce prêtre c’était moi. J’étais là parce que j’avais été invité à ce colloque. Au cours de mes 21 ans de vie de prêtre, cette histoire est la plus dramatique, la plus exaltante, que j’ai vécue. Dieu peut se servir de nous comme des anges gardiens dans la vie des autres. Il y a beaucoup de blessures et de souffrances dans ce monde provoquées par l’homophobie et la transphobie. Nous avons la Bonne Nouvelle, l’Évangile, à lire à la lumière de l’amour véritable. Dieu veut que tous aient la vie et la vie en abondance. C’est à nous de traduire ce message et de le porter vers les personnes LGBT, pour dépasser le moralisme qui étouffe la Bonne Nouvelle. Dieu nous donne beaucoup de talents, y compris l’occasion de nous réunir pour créer un réseau mondial. Espérons que nous puissions jouer le rôle d’anges gardiens dans la vie de beaucoup de personnes. Amen.

Réunion du 18 novembre 2017

Nous nous sommes retrouvés à quatre seulement. Mais nous avons eu le plaisir d’accueillir un nouveau venu, qui est en fait un ancien membre de D&J. Nous avons discuté du Projet Associatif que veut construire le Bureau National. Le BN nous avait envoyé une série de questions sur notre manière de voir l’association, son apport et ses insuffisances. Nous avons lu les réponses envoyées préalablement par certains de nos membres et par une sympathisante. Les réponses et les attentes sont très variées. Une synthèse de nos réponses sera communiquée au Burea National.

Réunion du 28 octobre 2017

Le thème de la discussion était: Masculin, féminin, et Dieu?  Cette fois-ci la discussion a eu un peu de mal à trouver le bon rythme. Le sujet était peut-être trop intimidant, trop vaste. Notre identité sexuée et notre orientation sexuelle sont des mystères que l’on n’arrive pas à sonder. Faut-il essayer d’aller plus loin? Tous étaient d’accord pour dire qu’il ne faut pas projeter ces catégories sur Dieu, qui par sa Nature est au-delà de telles différences.

Gérard et Franck se sont mariés !

Gérard et Franck, nos amis de D&J Lorraine, se sont mariés le 10 juin dernier. Ils nous expliquent ce que cela a signifié pour eux.

Gérard : J’ai 62 ans, je suis préretraité, adhérent de D&J depuis 5 ans, je participe activement au groupe de Lorraine, au groupe Prêtres (« Pécheurs d’hommes ») car j’ai été prêtre une vingtaine d’années, à la commission JAR et à la commission Solidarité.
Franck : J’ai 59 ans, je suis encore en activité, j’ai travaillé dans les wagons-lits et je suis aujourd’hui fonctionnaire. J’ai habité Paris, puis j’ai rencontré Gérard quand je me suis installé dans l’Est, par le biais d’Emmaüs dont Gérard était salarié et moi client.
Gérard : Nous avons voulu nous marier parce qu’on s’aime, on a confiance l’un dans l’autre, et on a pris conscience que le mariage nous ouvre des droits importants en cas de décès pour le conjoint survivant. On a voulu à la fois utiliser ce droit civique, ouvert aux personnes homosexuelles, et en même temps se protéger mutuellement.
Franck : Pour moi, il était temps de « quitter ma solitude », et je voulais rencontrer quelqu’un qui soit croyant comme moi pour construire quelque chose ensemble.
Gérard : Dès qu’on s’est rencontrés il y a 5 ans, on s’est mis d’accord sur notre projet de vie. Et si on vit ensemble, c’est pour être dans le respect l’un de l’autre dans la fidélité. Nous y voyons un lien avec notre foi (nous sommes catholiques). Pour préparer le mariage, nous avons constitué une petite équipe d’amis proches, dont faisait partie le prêtre de notre paroisse, qui est membre du Parvis (lien) comme moi. Nous avons voulu une célébration religieuse, et avons sollicité des témoignages d’amis et parents. Une amie a réécrit la prière du « Notre Mère/Père » qui a été priée par tous. Nous avons aussi chanté « aimer c’est tout donner », paroles de Sainte Thérèse de Lisieux. Au départ, on voulait faire la célébration dans une salle des fêtes, mais c’était trop petit. Alors François, notre prêtre, a accepté de mettre l’église du village à notre disposition. Pour lui, l’église n’appartient pas au prêtre, mais aux baptisés qui veulent y prier. Pendant la célébration, il a introduit le moment où nous avons échangé nos anneaux et il a béni l’assistance. Nous avons décoré l’église avec les couleurs de l’arc-en-ciel (merci aux parapluies de D&J !) et avons célébré l’Amour Universel de Dieu pour tou-te-s. Ainsi, tout le monde pouvait s’y retrouver et se sentir concerné et partie prenante.
Franck : Il y avait beaucoup d’hétéros dans l’assistance, mais le fait qu’on soit homos n’avait finalement plus aucune importance.
Gérard : Cela restait particulier, on ne peut pas le nier, mais on était là pour partager nos convictions spirituelles et notre foi. Et cela a été très bien perçu. En revanche, le maire de la commune, lui, n’était pas d’accord pour nous marier lui-même quand j’ai présenté notre dossier. Il a délégué une de ses adjointes, qui en fait a été très heureuse de célébrer notre mariage. Elle nous a lu un extrait du « Petit Prince » quand le Petit Prince apprivoise le renard, et c’était très sympa.
Franck : Je pense que « tout est possible » quand on s’aime et qu’on veut envoyer de la couleur et de la bienveillance partout. Les participants ont vu notre sincérité dans tout ce qu’on fait.
Gérard : Nous vivons notre rencontre comme un signe de la Bienveillance de notre Dieu. Une telle rencontre était assez improbable. Nous vibrons l’un et l’autre de l’Amour de Dieu et notre amour humain est imprégné de Son Amour. Je pense que, dans la célébration, c’était perceptible pour les participants. Dans le choeur de l’église, nous avions placé des feuilles présentant des associations sociales, religieuses, etc. pour que l’engagement vers les autres soit totalement présent. Sur nos anneaux, que l’on porte à la main droite, est gravé le mot « oui ». Nous les portons non pas comme des alliances traditionnelles, mais comme un signe d’une autre façon de vivre l’accueil, le service, le travail, l’amour. Ainsi, pour nous, en matière de célébration, entre tout et rien, il y a une troisième voie. A chacun de trouver dans son environnement et dans son Eglise quelles ouvertures sont possibles. Dans ce cas, il faut saisir l’occasion et faire passer le message, car c’est une Espérance pour aujourd’hui et demain.
Franck : Il est impératif que notre Eglise change, en beaucoup de choses, on ne peut plus rester comme 50 ans en arrière. Les églises de nos petits villages se vident complètement, plus de prêtre, plus rien du tout. Il faut que les personnes puissent revenir, mais plus dans la division. Les gens doivent pouvoir s’y parler. L’exclusion des divorcés, des homos, c’est fini tout ça ! Il est bon que les gens se parlent si on veut qu’ils reviennent dans les églises. Il n’y a pas d’exclus pour le Seigneur. Le Seigneur nous voit tels que nous sommes dans nos coeurs. Pour moi, notre mariage a changé beaucoup de choses, dans ma vie de tous les jours. A mon travail, je ne suis plus considéré comme un célibataire mais comme un homme marié, et mes collègues me voient sous un autre angle.
Gérard : Et moi je parle de « mon mari », même si cela surprend. Nous avons ainsi le sentiment d’être plus intégrés dans la société civile, en tant que personnes mariées, partageant les mêmes droits que tous les citoyens. Nous faisons partie des personnes qui croient en l’engagement à deux, c’est une valeur que l’on partage avec d’autres gens, même si cela ne parait plus dans l’air du temps. Notre maire nous regarde aujourd’hui moins comme des êtres bizarres. Nous nous sentons citoyens à part entière.
Franck : Nous sommes d’une génération où l’on se disait que jamais cela ne serait possible. Dans notre jeunesse, l’homosexualité était encore condamnée, il ne fallait surtout pas en parler, et encore moins du mariage des homos. On pouvait être bannis. Aujourd’hui, beaucoup de personnes de notre village de 500 habitants nous ont félicités et étaient très contentes pour nous. Et puis notre vie est différente, car nous avons des responsabilités l’un envers l’autre désormais. En cas de coup dur, nous serons là l’un pour l’autre.
Gérard : Notre message est que « tout est possible », même se marier dans une église et y célébrer l’Amour Divin ! C’est un merveilleux cadeau à se faire l’un à l’autre… et à la Communauté humaine.
Propos recueillis par Nicolas

Réunion du 15 septembre 2017

C’était la réunion de notre rentrée pour l’année 2017-18. Nous avons beaucoup discuté de l’organisation du groupe, surtout l’horaire des réunions futures. Il a été décidé de tenir les réunions d’automne et d’hiver un samedi en début d’après-midi: cela permet à nos membres des Vosges de faire le voyage de 100 km à la lumière du jour. Pendant l’hiver, certaines réunions pourraient avoir lieu dans les Vosges.

Il n’y avait pas de thème de discussion décidé à l’avance, mais une discussion spontanée s’est engagée autour de la question Suis-je à l’aise dans une célébration d’église? Certains d’entre nous ressentent un malaise  d’aller à la messe et (encore plus) de communier. Cela a l’air de signifier mon appartenance à cette Église institutionnelle qui en fait me rejette. Puis il y a le regard des autres: des gens qui n’approuvent pas ma vie de couple sont choqués de me voir communier. Les ‘bons chrétiens’ que je rencontre dans les paroisses sont souvent racistes et homophobes: comment puis-je supporter cela? Des réponses sont proposées: l’important est ma propre relation avec Dieu et peu importe ce que pensent les autres – les paroissiens sont le reflet de la société, ni meilleurs ni pires – nous avons tous nos limites et il faut prier pour nous aider les uns les autres à dépasser nos défauts.