Fêtons les anges gardiens

Homélie de Luís Correa Lima (Brésil)

Aujourd’hui, le 2 octobre, c’est la fête des anges gardiens. Célébrer les anges gardiens, c’est célébrer la providence divine. Dieu est du côté des petits et de ceux qui souffrent: comme le mendiant Lazare, qui a vécu couvert d’ulcères, et après sa mort les anges l’emportent dans le sein d’Abraham. Dieu est également du côté des personnes LGBT qui souffrent de la discrimination, de la haine et de la persécution.

Je connais l’histoire d’un étudiant universitaire au Brésil, élevé dans une famille catholique. Sa mère distribuait la communion. L’endroit où il aimait passer du temps c’était l’église. Mais à cause de son homosexualité, le prêtre de sa paroisse fait une homélie homophobe à la messe. Il dit que les homosexuels ont un démon, que plus longtemps ces gens vivent, plus ils commettent de péchés et qu’il vaut mieux qu’ils ne vivent pas trop longtemps. Après avoir entendu le prêtre parler ainsi, et voyant les autres fidèles hocher la tête en approbation, ce jeune homme prend une décision: ‘Ce démon-ci ne vivra plus longtemps.’ Il décide que le 17 septembre 2011, il montera sur le toit d’un haut immeuble du centre ville et que là il sautera. Il écrit une lettre à sa famille et la met dans son sac-à-dos. À l’aube du jour fatidique, il prend le bus pour aller vers le centre ville. Mais il rencontre un ami dans le bus qui lui dit: ‘Si on allait au colloque à l’Université Catholique!’ C’était un colloque sur les droits civiques des personnes gays.

Il ne voulait pas y aller, mais son ami insiste. Il accepte parce que l’université est sur son chemin. De là il ira vers le centre ville pour faire ce qu’il avait prévu. En arrivant à l’université, il voit dans le programme qu’un prêtre allait parler dans l’après-midi et il décide de rester pour entendre le discours du prêtre. Le prêtre parle de l’amour que Dieu nous porte, il dément l’homophobie religieuse et dénonce les textes assassins de la Bible que l’on utilise contre les personnes LGBT.

Après le cours, le jeune homme va voir le prêtre et lui dit: ‘Vous ne pouvez pas imaginer le bien que vous m’avez fait. J’étais sur le point de me suicider.’ À partir de ce moment-là, le prêtre est devenu un de ses amis proches. Quelques jours plus tard, le jeune homme lui écrit pour raconter toute l’histoire et il termine par cet appel: ‘Père, vos paroles sauvent des vies. Pour l’amour de Dieu, ne vous arrêtez pas!’

Ce jeune homme habite à Recife, au nord-est du Brésil. Ce prêtre c’était moi. J’étais là parce que j’avais été invité à ce colloque. Au cours de mes 21 ans de vie de prêtre, cette histoire est la plus dramatique, la plus exaltante, que j’ai vécue. Dieu peut se servir de nous comme des anges gardiens dans la vie des autres. Il y a beaucoup de blessures et de souffrances dans ce monde provoquées par l’homophobie et la transphobie. Nous avons la Bonne Nouvelle, l’Évangile, à lire à la lumière de l’amour véritable. Dieu veut que tous aient la vie et la vie en abondance. C’est à nous de traduire ce message et de le porter vers les personnes LGBT, pour dépasser le moralisme qui étouffe la Bonne Nouvelle. Dieu nous donne beaucoup de talents, y compris l’occasion de nous réunir pour créer un réseau mondial. Espérons que nous puissions jouer le rôle d’anges gardiens dans la vie de beaucoup de personnes. Amen.